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1.2 ARCHITECTURE & ESTHÉTIQUE

Un lieu de modernité

Depuis l’incendie du 19 juillet 1928, la Salle Pleyel a subi plusieurs rénovations successives, la dernière datant de 1981. Le grand bâtiment reste pourtant l’expression la plus typique de l’architecture moderne.

Si de la grande salle il ne reste plus rien d'origine, le hall, la rotonde, ont gardé leur aspect d’origine et la marque des artistes contemporains.

Les travaux de construction (1925-1927) se déroulent en deux temps c’est pourquoi on note un changement de parti observé en cours de chantier pour la façade de l’immeuble.

Cette façade " est écrite comme une façade publique avec son grand cadre de pierre, son grand entablement et l’échelle majeure des grandes baies vitrées centrales " (François Ceria, architecte du projet de rénovation de 2006).

En plus l’artiste n’a eu d’autre souci que d’équilibrer les pleins et les vides. Cela suffit à produire une très noble et très classique ordonnance. Point de colonnes plaquées ni d’inutiles sculptures, un revêtement uni de stuc roux dont les tons chauds s’opposent à l’éclat des grandes vitres cernées de fers vernis en noir " (René Chavance – Mobilier et Décoration. 1927).

Dès 1925, date à laquelle Gustave Lyon conçoit et démarre le grand projet de la Salle Pleyel, il souhaite associer au lieu des artistes contemporains pour la décoration pour en faire un lieu de modernité.

La grande salle, de forme ovoïde, se caractérise par une pureté générale. La nudité des lieux, le plafond, immense voûte reliant d’un seul jet l’arrière scène au sommet du second balcon, l’absence voulue de toute recherche décorative surprennent.

A quoi bon surcharger d’un inutile décor une si sobre grandeur " écrit René Chavance.

Seul des panneaux peints latéraux de Jaulmes, le sol et les sièges donnent une juste impression de chaleur " Une chaude harmonie de tons, l’or qui couvre tout le vaisseau, le violet aubergine des tapis et des sièges qui se répète dans les panneaux de M. Jaulmes, et c’est assez "(René Chavance).

L’incendie du 19 juillet 1928 ravage l’ensemble de la grande salle dont il ne reste aujourd’hui que la structure.

Dès sa conception, l’architecture est liée aux impératifs acoustiques de la salle. C’est pourquoi la rénovation de la grande salle va encore aujourd’hui dans ce sens. L’architecte et l’acousticien ont travaillé ensemble pour élaborer le dessin de la nouvelle salle pour retrouver " ce sentiment de surprise qui saisit tout d’abord à contempler ce formidable vaisseau qui va en s’étrécissant et s’incurvant vers la tribune d’orchestre et que ne soutiennent ni piliers, ni arcs, ni voussures. Au vrai, on a l’impression de se trouver à l’intérieur d’un prodigieux instrument de musique dont les lignes ont été méthodiquement calculées pour guider au mieux les ondes sonores " (René Chavance).

Cette conduite architecturale par l’acoustique sera marquée par la création principalement d’une série de deux balcons latéraux, d’un gradin en fond de scène, d’un plafond de scène remodelé.

Epuré, les tonalités chaudes seront tout de même présentes par la rénovation du parquet en bois d’angélique, une scène en chêne et un habillage du gradin en hêtre étuvé ; trois bois de nature différente dans une tonalité unique s’intégrant avec une couleur générale monochrome.

Si en 1927, on s’étonnait des ressources de l’éclairage, celui-ci quelque 79 ans après permettra de parer la salle des atours nécessaires à son élégance.

Si la grande salle a fait l’objet d’une " réinvention " complète, le hall et sa rotonde n’ont pas été atteints par l’incendie.

Malgré des remaniements successifs, le bâtiment, témoin de son temps, abrite toujours des ferronneries de Subes, des médaillons de Lebourgeois et des luminaires de Baguès.

C’est en accord avec les Bâtiments de France, que le hall d’entrée et sa rotonde vont retrouver la beauté, la pureté, l’élégance, l’ampleur et l’harmonie du style " Art Déco " dans son aspect quasi originel.

Le vestibule d’entrée est restauré puisqu’il conserve son aspect originel notamment par le sol marbré.

La rotonde qui permet par un habile jeu architectural de se recentrer dans l’axe de la salle, retrouvera au sol sa mosaïque d’antan reconstituée grâce aux photos conservés de celui-ci.

Cette rotonde retrouvera son ouverture vers un foyer au dessus et une verrière reconstituée à l’identique prolongeant la grande salle. Ce foyer recréé permettra d’accueillir le public dans un espace complémentaire, vaste.

Ce foyer d’une décoration simple, avec un parquet de teinte foncé, sera décoré par un artiste contemporain, écrivant ainsi une suite logique à la volonté de faire signer par des grands artistes les grandes étapes de sa vie.

Le vaste hall d’entrée qui prolonge la rotonde retrouvera son éclat et sa brillance avec l’épure de ces colonnes et un éclairage judicieux lui rendant son ampleur, son élégance et son harmonie.

Les ferronneries de Subes, les luminaires de Baguès, et les médaillons de Lebourgeois déposés pour restauration retrouveront leur place tandis que les comptoirs de vestiaires accueilleront une décoration contemporaine.

Terminons avec les deux ascenseurs en bois qui mènent aux balcons, " ascenseur larges comme des wagons " dira René Chavance .

Ascenseur Monte Balcon

       Eléments de décoration